Restaurer les milieux de reproduction du tétras-lyre grâce aux chèvres























Pourquoi ce projet ?

Pourquoi ce projet ?

Quand les aulnes verts prennent le dessus
Dans de nombreux alpages, les aulnes verts colonisent progressivement les pâturages. Cette fermeture du milieu réduit la biodiversité de montagne.

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Le saviez-vous ?
La « verne » est l’appellation commune de l’aulne vert. En symbiose avec une bactérie, cet arbuste acidifie le sol : seule une douzaine d’espèces végétales peuvent s’adapter sous une aulnaie dense.

Le tétras-lyre a besoin d’une mosaïque de paysages composée de prairies, de bruyères et de clairières. Lorsque les aulnes verts deviennent trop denses, ses milieux de reproduction sont menacés : les zones de parade se referment et les biotopes nécessaires à l’alimentation des jeunes se raréfient.

Les chèvres apprécient les feuilles d’aulne vert, puis s’attaquent à l’écorce de ces arbustes, ce qui finit par les faire dépérir. Elles consomment également volontiers les repousses de vernes préalablement coupées.
✎ Cliquez sur une étape du schéma.
















Les acteurs du projet


Les acteurs du projet


Exploitant d’alpage
Propose des parcelles utiles pour ses bovins, avec l’eau à proximité.
Accueille les chèvres pendant l’été.
Contrôle l’état de santé des chèvres, l’eau, l’électricité dans les fils et l’abri tous les deux jours.
Accepte les risques inhérents au projet, notamment celui d’une attaque de loup.


Spécialiste du tétras-lyre
Confirme la présence de l’espèce.
Confirme que la parcelle faisait partie des zones de parade.
Évite les zones de couvaison et d’alimentation des jeunes.
Organise idéalement un suivi des parades du tétras-lyre avant, pendant et après les actions.


Forestier-bûcheron
Confirme que le débroussaillage de la parcelle n’est pas problématique.
Indique les arbres et feuillus à préserver.
Si possible, débroussaille le contour de la parcelle avant l’installation des piquets.

Coordinateur
Trouve un exploitant prêt à estiver des chèvres.
Recherche les chèvres, les bénévoles et les financements.
Réunit et coordonne les partenaires.
Organise les chantiers et le suivi du projet.
Rédige les comptes rendus annuels.


Bénévoles
S’inscrivent aux deux dates proposées et ne décommandent pas à la dernière minute.
Participent à la pose des clôtures et des abris.
Viennent au même endroit en automne et au printemps s’ils apprécient les actions.
Forment idéalement une « team » sur le lieu qu’ils préfèrent.

Chevrier
Met à disposition des animaux dociles.
Informe l’équipe sur leur comportement.
Assure un bon état sanitaire et contrôle les vers intestinaux avant l’estive ; si besoin, un vermifuge est administré.
Fournit les granulés de rappel, les mots de rappel, la pierre à sel et à minéraux.
Suit le troupeau, de loin selon la distance.
Accepte les risques inhérents au projet, notamment celui d’une attaque de loup.
✎ Cliquez sur un personnage pour voir son rôle.









Choisir la parcelle

Choisir la parcelle

Une parcelle bien choisie facilite la pose des clôtures, favorise la pâture des chèvres puis des bovins, et maximise les bénéfices pour le tétras-lyre.
Les fortes pentes ne sont pas à exclure : le projet vise justement des secteurs difficilement entretenus par des machines, mais qui seront ensuite utilisés par les bovins.

Éviter les pistes de ski et les zones d’avalanche pour ne pas devoir enlever les piquets en bois.
Visite du site
Réunir si possible l’exploitant, le coordinateur, le spécialiste du tétras-lyre, le propriétaire de l’alpage et le forestier. À défaut, visiter le site, avant la neige, et faire valider les zones sur carte.
✎ Survolez les tampons 1 à 9.







Préparation du terrain




Préparation du terrain


Préparer avant de clôturer
Une bonne préparation du terrain facilite considérablement la mise en place des clôtures sur une nouvelle parcelle.

Étapes

Protéger les arbres remarquables.

Couper les vernes et troncs gênants, puis débroussailler herbes vivaces, fougères, rhododendrons et buissons de bruyères avec une débroussailleuse à disque.
✎ Cochez les étapes au fur et à mesure : le site s’en souvient.














Organiser les parcs, l’eau et l’abri










Organiser les parcs, l’eau et l’abri











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Prévoir la rotation dès le départ
La division de la parcelle en trois parcs améliore l’efficacité de la pâture tout en limitant la propagation des parasites intestinaux.

Éviter les bruits qui effraient les chèvres
Bien tendre les bords pour limiter les claquements effrayants pour les chèvres.
Attacher chaque piquet de structure à l’armature avec un nœud solide, mais facilement détachable.

Résister au vent et aux orages
À éviter : tendre la bâche entre plusieurs arbres exposés au vent.
Solution : l’accrocher dans les vernes afin qu’elle puisse accompagner leurs mouvements pendant les orages.





Empêcher les chèvres de monter sur la bâche
À éviter : une bâche touchant le sol.
Solution : maintenir ses parties basses hors de portée des animaux.
Protéger la structure
Ne laisser aucun fil dépasser.
Cacher ou replier les extrémités.
Retirer les feuilles accessibles ou protéger l’écorce des branches de vernes si elles sont utilisées dans la structure.
Éviter les poches d’eau
Prévoir une forme d’igloo ou une bâche suffisamment inclinée.














Installer les clôtures






Installer les clôtures






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Chiffres indicatifs pour un hectare
Environ 60 piquets en bois.
Environ 400 piquets en plastique.
Environ trois piquets en plastique pour un piquet en bois.
Ajouter les piquets en plastique
Assurer grâce à ces piquets que le premier fil est à max. 20 cm du sol.
Environ un piquet tous les trois à cinq mètres selon la pente et les irrégularités du terrain.
Poser les piquets en bois
Aux angles et aux changements de direction.
Environ tous les dix mètres.
En dessous des bosses et au bas des creux.
Plus rapprochés dans les fortes pentes.
Deux piquets rapprochés, sur une zone plane, pour créer la porte.

Installer les isolateurs
Prévoir quatre à cinq fils électriques.
Placer le premier fil à max. 20 cm du sol.
Adapter la position des isolateurs dans les creux et sur les bosses afin de conserver cette hauteur.
Ajouter un isolateur en bas lorsque le relief l’exige.

Installer les fils et les connexions
Faire au moins deux tours autour des isolateurs et quatre tours dans les angles.
Bien tendre les fils en serrant au niveau des isolateurs.
Utiliser un fil électrique de bonne qualité, avec suffisamment de brins métalliques.
Connecter les fils entre eux près de la batterie solaire et de la porte, puis tous les 200 mètres.


Utiliser des nœuds fiables afin d’éviter les pertes de courant.
✎ Cliquez sur les tampons 1 à 5 pour suivre les étapes.








Organiser le chantier


Organiser le chantier

Jour 1 — Préparation
Un pique-nique copieux à base de produits du terroir peut faire toute la différence pour fidéliser les bénévoles !
Jour 2 — Installation collective
Protection contre les loups
En Suisse, une clôture à quatre fils correspond actuellement aux mesures requises pour pouvoir bénéficier d’une indemnisation en cas d’attaque de loup. Elle ne garantit toutefois pas l’absence de prédation. Selon les chèvres, il faut 5 voire 6 fils pour éviter qu’elles s’échappent !


Équipe type :
Un coordinateur expliquant et répartissant les tâches.
Environ 15 bénévoles pour la création d’un nouveau parc de 1 hectare.
Au moins 4 personnes sachant planter les piquets en bois.
Environ 8 personnes peuvent ensuite suffire pour la pose chaque année.
Prévoir des connaisseurs pour chaque type de tâche : cela fait gagner beaucoup de temps.
Le reste de l’équipe pose les piquets en plastique, guidé par une personne habituée.
Pour dérouler les fils : deux personnes par bobine, l’une qui déroule le fil tendu, l’autre qui l’attache aux isolateurs.
Si suffisamment de monde est disponible, une personne suit derrière pour clipser les fils sur les piquets en plastique.
Fin de saison : Dépose
Prévoir le démontage des fils et des piquets en plastique, puis le stockage du matériel. Une équipe de 4 à 6 personnes suffit.
Stocker les piquets en plastique crochets face au sol et les bobines de fils sous des arbres à l’abri de la neige.
Sécurité
Adapter les tâches à la condition physique de chacun.
Prévoir des responsables pour la trousse de secours, la visseuse, etc.
Reporter le chantier en cas de pluie importante ou de météo dangereuse.
Toujours prévoir un jour de remplacement.
✎ Cochez les tâches de chaque jour : le site s’en souvient.
Trouver les chèvres








Trouver les chèvres
Des animaux dociles pour un projet réussi
Toutes les chèvres ne sont pas adaptées à ce type de pâturage. Certains critères facilitent grandement la réussite du projet.
Profil recherché
Chèvres allaitantes destinées à la production de viande plutôt que de lait.
Animaux dociles et habitués aux clôtures électriques à quatre ou cinq fils.
Chevrier prêt à participer au suivi, par téléphone s’il habite loin.
Crottes analysées, puis vermifuge administré selon les recommandations.
Races anciennes en voie de disparition encouragées, notamment celles reconnues par ProSpecieRara.

Les races anciennes sont rustiques et donc particulièrement adaptées aux secteurs colonisés par les vernes.
Les vernes peuvent jaunir le lait, mais elles n’altèrent ni le goût ni la qualité.

Un échange de bons procédés
Le partenariat idéal se construit avec un chevrier qui cherche une surface d’estivage et un exploitant d’alpage qui a des zones à débroussailler.
Le projet se fait sur une surface adéquate.
Le chevrier fournit des chèvres dociles.
Il apporte les granulés de rappel, les mots de rappel, la pierre à sel et à minéraux, ainsi que son expérience du troupeau.
L’engagement se construit sur trois ans au minimum, vu l’investissement nécessaire pour les clôtures.
Une autre possibilité
Certaines chèvres destinées à l’abattoir peuvent également être utilisées. Elles bénéficient ainsi de mois supplémentaires de pâture en montagne avant leur fin de carrière.
Les races du classeur
✎ Cliquez sur un intercalaire du classeur pour voir la race.














Accueillir et suivre le troupeau






Accueillir et suivre le troupeau
Un suivi régulier est indispensable
Il permet de détecter rapidement les problèmes, de veiller à la santé du troupeau et d’assurer le bon fonctionnement de la clôture.

Tous les 2-3 jours

Le maintien des chèvres sur la parcelle jour et nuit maximise l’efficacité de la pâture et l’impact sur les vernes.

Toutes les 2 semaines

Une chèvre qui franchit la clôture deux fois doit être retirée du troupeau. Elle risquerait sinon d’entraîner les autres animaux à l’extérieur du parc.
Ne pas leur apporter de branches coupées : consommer les vernes dans le parc les encourage à s’attaquer également à leur écorce.

Faciliter le rappel
Agiter les granulés tout en appelant les chèvres leur donne envie de revenir vers la personne qui s’en occupe. Cette habitude facilite le déplacement du troupeau ainsi que le retour des animaux en cas de fuite.
✎ Cochez les contrôles effectués : le site s’en souvient.














Le kit de terrain

Le kit de terrain

Pour réparer les installations

Vérifier le matériel et les prévisions météo. Travailler sous la pluie décourage les bénévoles… Toujours prévoir un jour de remplacement.

Pour travailler en sécurité
✎ Cochez ce qui est dans le sac, ou imprimez la liste.







Résultats & bénéfices
Un grand merci aux Bailleurs de fonds

Résultats & bénéfices
Un grand merci aux Bailleurs de fonds
Un projet aux bénéfices multiples
La pâture des caprins permet de restaurer les milieux favorables au tétras-lyre tout en valorisant les pâturages et les savoir-faire des agriculteurs de montagne.
Pour l’agropastoralisme
Réouverture des secteurs colonisés par les vernes.
Valorisation de surfaces qui ne sont plus disponibles aux bovins.
Mise en valeur de la difficulté du travail des agriculteurs de montagne et de leur mode de vie.
Promotion de leurs produits du terroir.
Pour la biodiversité
Milieux plus ouverts et diversifiés.
Maintien de zones refuges.
Favorable pour les insectes, arachnides et différentes espèces de plantes.
Valorisation des dynamiques naturelles.
Pour le tétras-lyre
Davantage de surfaces favorables à la reproduction.
Réouverture des zones de parade.
Plus de biotopes favorables à l’alimentation des jeunes.
Pour les races anciennes
Valorisation des chèvres rustiques.
Soutien aux races reconnues par ProSpecieRara.

Association Alpine Tetrao Tetrix
Pour toutes questions, vous pouvez contacter Manue Piachaud au 076 389 21 28 ou à aatt.tetras@gmail.com
